10. janv., 2021

La muse anonyme

Entre les fleurs du pêcher,
J’entrevois la figure
Hâve de la tentatrice.
Elle a le doigt oseur,
La pose extravagante.
Doucement, elle murmure
À la porte de l’Eden:

« Connais-tu
Cette ville engloutie
Où dorment les fugitives?

Connais-tu ces mondes
Où je me cache?

Dans l’éther, flotte
Ma forme exhumée.

Sous la houle des lianes,
Me devines-tu?

Des jarretelles en peau de loup
Emprisonnent ma vertu.
Je suis l’écho de cette étincelle
Que nulle ondée ne violente.

Je suis dans la stance
D’un poète inconnu.

Je suis la berceuse des fables.
Je me glisse dans les rêves des liseuses.
Mes yeux sont des miroirs
Sans tain et la mante orchidée
Enlumine ma chevelure.

Viens m’écouter chanter
Au bord de la Lorelei,
Je fais voir
Des merveilles sans nombre
À qui sait m’aimer! »

Poème © Sélène Wolfgang