13. janv., 2021

J'ai en horreur l'épine...

J’ai en horreur l’épine
Elle me rappelle ces ruines
Au fin fond de mon cœur

Sur les rocailles, coule
Le sang des roses

Vite
Descends
Descends
Dans les oubliettes du château
L’œuvre de ma psyché
Vite
Descends
Descends
Je te donne la clé

Je veux que tu voies
Ces cadavres de femmes
Et même si l’odeur
Du charnier te révulse
Reste un instant

Ces cadavres sont
Mes rêves étranglés
Mes désirs bafoués
Mon innocence, mes baisers volés
Ma beauté humiliée
Mes espoirs, longtemps, étouffés
Mais pas encore morts

Sur les rocailles, coule
Le sang des roses

J’ai en horreur l’épine
Elle me rappelle ces ruines
Au fin fond de mon cœur

Poème © Sélène Wolfgang

Extrait de "Cendres et porcelaine"