4. janv., 2021

Venue funeste

Quand tu dors,
J’hume avec délice
Ta ténébreuse chevelure.

Ses parfums de santal
Et de camélia embaument
L’oreiller dont la couleur
Est pareille à celle
Des nuées après la pluie.

Des ombres violettes
Se meuvent sur le plafond.
En cette chambre dont les murs
Connaissent nos soupirs,
Nos mots d’amour,
Le bruit de nos baisers,
Des phalènes cherchent
Refuge, mais bientôt
Les déesses de l’aurore,
De leurs talons volages,
Viendront piétiner
Leurs ailes délicates!

Le jour prochain
Prendra alors
Les attraits de la mort.
Vois! Des flocons
Couvrent déjà
Les camélias et les roses!

Poème © Sélène Wolfgang