3. janv., 2021

La mourante

Mourante sur un grand
Coffre en bois,
L’âme effarée
Par les accords
D’une dolente lyre,
Je me remémore
Les heures passées
Auprès de mon amour,
Le détenteur de la clé
D’une cage qui retient
Entre ses verrous vermeils
L’un des ailerons
De mon spleen envolé!

Mourante sur un grand
Coffre en bois,
Mes yeux larmoyants
Sont de violets cristaux
Où l’invisible
Obsesseur se mire.
Avant que ne s’éteignent
Toutes les chandelles
Des candélabres,
Ma robe aussitôt
Étouffe en ses plis
L’écho d’un puissant sanglot.

Prisonnière de mes dentelles,
Une mâle présence frissonne.
Par ton baiser, ressuscitée,
Je contemple
Le félin crépuscule
Que les rideaux réverbèrent
Et sous de blondes carapaces
Mes songes épars
S’agrippent à l’oriflamme
D’amours souveraines.

Poème © Sélène Wolfgang

Extrait de "Noir mouvant"