16. août, 2022

L'attente

Des saphirs irisent
Ses chairs de nuit
Avides des morsures
Du poète aimant
Dont le langoureux soupir
Plane encore,
Là, sous l’alcôve.

Son histoire tragique
Est dans chacune de ses larmes
Et la dernière ode
Est écrite dans la paume
De sa main blessée
Par les épines de la plus belle
Et la plus parfumée des fleurs.
Dans cette immense chambre
Endeuillée par le souvenir,
Où dorment les boas
Et les robes de soie,
Elle se regarde dans cette glace
Qui a perdu son tain,
Puis se dirige vers la fenêtre.

Elle attend l’oiseau,
Elle sent descendre
Sur elle, la froide
Volupté des caresses
Du soleil qui se couche.

Elle attend l’oiseau,
Fils de Tenebra,
La nuit, qui lui ouvrira
Ses ailes et déposera
Sur son balcon les lettres
De l’ultime prétendant
Au trône de son cœur.

Elle attend, elle attend…

Poème © Sélène Wolfgang

Extrait de "La Muse à la lyre"