Poèmes

30. sept., 2017

Photo © Marko Liver Photography

29. sept., 2017

«Ce petit morceau de bois
Est Syrinx, il joue pour vous
Les mélodies du passé!»

Me dit le faune
Pendant que le long vibrato
De la brise faisait danser
L’astre de messidor
Dans les cieux qui prenaient
Peu à peu l’aspect de la moire.

Sous la caresse liliale,
Jouissait la terre.
Le minnesang de l’eau
Endormait les lionnes de Cascine
Accroupies au pied de l’arbre
Où demeurait la dryade
Dont la chaste nudité
De serpent troubla
Le dieu de l’Erèbe.

«Je suis la fille du merisier
Au masque de louve ou de Méduse
Et mon lit est le profond
Tombeau des dieux!»

S’écria la nymphe
Tout en déliant la tornade
Étoilée de ses cheveux.

Alors, le long vibrato
De la brise fit,
Une dernière fois,
Danser dans les cieux
L’astre de messidor
Tandis que sous
La caresse liliale,
Jouissait l’enfer
Qui avait épousé le ciel!

Poème © Sélène Wolfgang

27. sept., 2017

C’est après m’être recueillie sur cette tombe dont un confrère avait fait l’éloge dans une de ses épîtres que je décidai de rentrer chez moi. Le soir descendait.
Il faisait un peu froid en cette demeure où personne ne m’attendait. J’allumai quelques bougies. Ensuite, je m’assis dans ma chaise berçante et rêvassai en contemplant l’horizon. Alors que je commençais à m’assoupir, je sentis un léger souffle sur ma joue. Quand j’ouvris grand les yeux, je vis un kobold rouge assis sur mon épaule. Je n’avais pas peur de cet esprit familier que ma longue robe avait sans doute entraîné dans ses plis lorsque je m’étais promenée dans le cimetière. Cette mystérieuse créature se mit à me susurrer toutes sortes de vers et à me conter la légende des amants qui reposaient dans la tombe que j’avais découverte quelques heures auparavant. Puis, curieusement, le génie disparut. En ouvrant ce livre dont je n’avais pas encore terminé la lecture, les fragments d’un journal tombèrent sur le plancher ainsi que l’une des arcanes d’un tarot ancien.

Texte © Sélène Wolfgang

26. sept., 2017

Le papier a des yeux,
De grands yeux
Pour voir que les pendules nimbées
De fleurs fantomatiques ont des visages.

Le papier a des mains,
De grandes mains
Qui à elles deux forment un écrin
Où sont enfermées toutes mes larmes.

Le papier a des jambes
De longues jambes
Pour chevaucher l’oblique de l’existence
Et traverser les ruelles en feu
Où dansent les maudits.

Le papier a des dents,
De longues dents,
Les ailes d’un ange pendillent
Aux lèvres de ce voleur de reflet
Et les pendules qui ont des visages,
Les fleurs fantomatiques
T’observent en salivant,
Le papier a des dents,
De longues dents
Pour te dévorer, Ennui!

Poème © Sélène Wolfgang

25. sept., 2017

Dans cette rue étroite,
Il ne faisait que passer
Lorsque sous mes baisers de sorcière,
Il reprit son apparence première:
Celle d’une raine verte!

Il ne faisait que passer…

Il ne connaissait pas l’impasse,
Le passant avec sa lame arrogante!

Poème © Sélène Wolfgang