Poèmes

25. mars, 2019

Photo © Marko Liver Photography

25. oct., 2017

Entre ces saules devenus
Chauves par la cognée,
Une vieille bohémienne se faufila,
Puis se dirigea vers la sente
Pavée d’orchidées.
Ses yeux étaient aussi
Verts que la mousse
Qui ocellait la roche.
Entre ses bras, elle tenait
Cette poupée de porcelaine
Qu’une petite fille
Avait perdue un soir
Lors de ses longues errances.
Mais au fur et à mesure
Que je m’approchais
De la rivière où des carpes
Animaient des calèches,
Son image, usant
D’artifices, s’évanouissait
Et plus jamais
Je ne croisai cette étrange
Habitante de la forêt
Ni n’aperçus l’œil farceur
Du démon dans la ramée
À qui un jour, j’offris
Mes rires d’enfant.

Poème © Sélène Wolfgang

24. oct., 2017

Mon oppresseur dort dans la toile
D’une araignée géante.

Je me souviens de ces nuits…

Je revois le sombre
Arlequin arracher
Les pattes de l’éphémère.

Le ciel se crevassait,
Les narcisses s’étiolaient au vent.

Je me souviens de ces nuits
Où il marchait devant moi.
Dans une main, il tenait
La tête d’un magicien vaudou,
Dans l’autre, la tête d’une vierge
Que l’on avait emmurée vive.

Je me souviens de ces nuits…

Je revois l’inquisiteur.

Il marchait devant moi
Sans savoir qu’un jour
Je l’emmènerai là où
Il avait dressé mon bûcher
Et creusé ma tombe!

Il marchait devant moi…

Au nom de la mère,
De la fille et de la sainte,
Libera me!

Poème © Sélène Wolfgang

23. oct., 2017

*

"S’il est vrai que l’Eternel
A créé la femme
À partir d’une côte d’Adam,
Alors le mâle qui prétend
Que tout mon être est méprisable
S’offense lui-même!"

22. oct., 2017

Dans cette rue étroite,
Il ne faisait que passer
Lorsque sous mes baisers de sorcière,
Il reprit son apparence première:
Celle d’une raine verte!

Il ne faisait que passer…

Il ne connaissait pas l’impasse,
Le passant avec sa lame arrogante!

Poème © Sélène Wolfgang