Poèmes

30. sept., 2017

Illustration © Sandra Aitmehdi

29. sept., 2017

Dans le jardin d’un amour
Inéclos, je t’ai vu t’enfuir!

Les marjolaines et les orchidées,
Près de l’étang, frémissent.

C’est l’heure des dieux,
Les cymbales retentissent.

Au bout de mes lèvres,
Se cabre et se tord l’envie.

Je veux connaître
L’extase vénéreuse,
Ces plaisirs aigus.

Entre les mains nues
Du vent, se froissent
Les fleurs empreintes
Des moiteurs de l’onde.

Tout là-haut,
L’iris brille.

C’est l’heure des dieux,
Les cymbales retentissent.

Je veux connaître
Les splendeurs antédiluviennes,
Ne plus songer à ces bonheurs
Incréés et voir l’Amour
Éclore sur ton sein!

Poème © Sélène Wolfgang

Extrait de "Ballades d'une nuit musicienne"
28. sept., 2017

Elle porte un long
Manteau de givre.

Un crâne tournoie
Au bout de son doigt.

D’un fourreau d’escarboucle,
Elle a sorti le glaive.

Voici l’hiver!

Elle est la vouivre que le rat
À six queues suit,
Mais n’ayez crainte!

À minuit, la belle gorgone
Coiffée de coquillages
Et de coraux céruléens
S’endormira dans ce nymphée
Que le lierre enguirlande
Et aucun bruit ne la réveillera,
Pas même un vol de corbeaux!

Voici le printemps!

Déjà, je vois son corps
Se mouvoir parmi les campanules
Et les lys sauvages.

Elle est la tragique Sappho,
La dame des sept collines,
La savante sibylle.

À l’entrée de l’antre
Où sont cachés tous les joyaux
D’Orient, un dragon
Avale l’astre de feu,
Puis le recrache dans le firmament.
C’est alors que drapée de satin
Rouge, elle m’apparaît!

Voilà l’été!

En marchant vers le temple,
Elle murmure des prières.

Les perles d’obsidiane
Autour de son front et de son cou
Ont le scintillement des nébuleuses.

Elle est l’almée, le jour!
L’apsara, la nuit venue!

Les chants des chasseresses se mêlent
Aux chuchotements de la rivière.
Le ciel flamboie.

Sur son écorce, se promène
La langue de l’aspic.
Elle est l’héliade
Changée en peuplier!

Voilà l’automne!

Sur l’absinthe, lentement,
Se meurt l’oiseleuse
Au casque de colchiques.

Les nuages tirent
Leur révérence avant l’envolée
De la treizième fée.

Les plumes safran
Qu’elle avait emprunté
A l’oiseau-tonnerre
Dansent à présent
Dans l’air rose
Du crépuscule avec mille
Feuilles mortes.

Poème © Sélène Wolfgang

Extrait de "Ballades d'une nuit musicienne"
27. sept., 2017

J’ai une idylle
Avec un homme
Qui porte le nom d’une étoile.

Dans ce parc qui n’est plus le lieu
De rendez-vous des amoureux,
Comme l’astre maudit,
Il compte les nuits
Et les rares oiseaux
Qui voltigent autour du kiosque.

Le bronze aux masculins
Contours supplie les vents
De lui apporter celle
Qui lui lira volontiers
Ses vers chaque minuit
Et c’est moi, un jour,
Que les vents ont choisie!

J’étais assise sur le banc de la brume,
Quand par la volée des pétales
Héliotropes de sept fleurs,
J’atterris soudain
Auprès de mon double.

J’ai une idylle
Avec un homme
Qui porte le nom d’une étoile.

Poème © Sélène Wolfgang

Extrait de "Ballades d'une nuit musicienne"
26. sept., 2017

Illustration © Sandra Aitmehdi