Poèmes

25. sept., 2017

«Ce petit morceau de bois
Est Syrinx, il joue pour vous
Les mélodies du passé!»

Me dit le faune
Pendant que le long vibrato
De la brise faisait danser
L’astre de messidor
Dans les cieux qui prenaient
Peu à peu l’aspect de la moire.

Sous la caresse liliale,
Jouissait la terre.
Le minnesang de l’eau
Endormait les lionnes de Cascine
Accroupies au pied de l’arbre
Où demeurait la dryade
Dont la chaste nudité
De serpent troubla
Le dieu de l’Erèbe.

«Je suis la fille du merisier
Au masque de louve ou de Méduse
Et mon lit est le profond
Tombeau des dieux!»

S’écria la nymphe
Tout en déliant la tornade
Étoilée de ses cheveux.

Alors, le long vibrato
De la brise fit,
Une dernière fois,
Danser dans les cieux
L’astre de messidor
Tandis que sous
La caresse liliale,
Jouissait l’enfer
Qui avait épousé le ciel!

Poème © Sélène Wolfgang

Extrait de "Séraphine"
24. sept., 2017

Le murmure pastel
Du vent se mêlait
Aux chants des insectes
Qui rampaient sur les cailloux.

Dans l’abondante frondaison,
Un blanc merle
Épiait le soleil
Qui soudain déploya
Sur l’herbe odorante
Sa robe de lumière.

Le zéphyr lissait
La fourrure vermillon
D’un chien errant
Qui longeait la lugubre
Et silencieuse allée.

Les cèdres de l’Atlas
Avec les violettes sauvages
Frissonnaient autour
Du lac dont on dit
Que les eaux sont les larmes
D’une jeune fille
Qui se prénommait Emerald.
Au bord d’une nacelle,
Un matin d’hiver,
Elle descendait la rivière.
Le petit bateau
Longuement vacilla
Avant de disparaître sous la vasière.

Le murmure pastel
Du vent se mêlait
Aux chants des insectes
Qui rampaient sur les cailloux.

Dans l’abondante frondaison,
Un blanc merle
Épiait le soleil
Qui soudain déploya
Sur l’herbe odorante
Sa robe de lumière.

Poème © Sélène Wolfgang

Extrait de "Séraphine"
23. sept., 2017

Des nuées avançaient dans le ciel
Telle une harde de centaures
Lorsque je vis,
Pour la première fois,
Le ballet crépusculaire et aérien
D’un million d’étourneaux.

Dans l’étang de Danaé,
Était-ce notre reflet?
Étions-nous aussi mourants
Que ces bleuets entre lesquels
L’orvet se faufila?

Des nuées avançaient dans le ciel
Telle une harde de centaures.
Tes murmures souillaient
L’azur et mon sein
Ne pardonna pas à ta bouche
De l’avoir criblé de baisers!

Poème © Sélène Wolfgang

Extrait de "Séraphine"
22. sept., 2017

Illustration © Sandra Aitmehdi

21. sept., 2017

Les soies clandestines
Mordorent l’air,
Bruissent sous le vent.

Comme la fragile flamme,
L’aventurine étincèle
Sur son front, fatal
Est son regard, sa bouche
Est pleine de prodiges.

Elle a le sourire
Magnétisant des nécromanciennes.

Demi-nue, elle danse,
Elle danse, l’ensorceleuse!
Les grelots qui enluminent ses reins
Tintent de plus en plus fort!

La queue d’un python
S’engouffre dans le sable
Ivre des parfums
Du soir livide.

Demi-nue, elle danse,
Elle danse, l’ensorceleuse!
Puis saisie d’un vertige,
Entre deux griffons
De bronze, s’évanouit.

Poème © Sélène Wolfgang

Extrait de "L'allumeuse de réverbères"