Poèmes

11. janv., 2021

Illustration © Sandra Aitmehdi
www.coversand.fr

10. janv., 2021

Tandis que sur l’ombreux sentier bordé de capucines, courait la fille de la noire séraphine, surgit, entre les bruyères, la tête neigeuse d’un chat sauvage. Il posa son regard sur la muse dont les cheveux étaient semblables aux blonds rayons de la lune. La demoiselle, en allant se cacher derrière un marronnier, effraya l’oiseau à la huppe d’or qui était, sur quelques rameaux, perché.
Est-ce la muse ou le chat que je vis, soudain, caracoler dans le brouillard? Est-ce la muse ou le chat que je vis, soudain, descendre de la nuit en prêchant les funérailles du roi de l’éther?

Texte © Sélène Wolfgang

9. janv., 2021

Les gentianes ont perdu
Leur éclat d’antan,
Le lac céruléen
Gronde sous les tilleuls.

Dans le Miroir aux Fées,
J’ai jeté les fragments de porphyre
Sur lesquels j’avais
Gravé quelques runes.

Au sacre des aurores,
Tout le val est endeuillé,
Au sacre des aurores,
Tout le val est par l’abîme hanté.

L’essor d’un oiseau psychopompe
Ombrage l’infini,
Macabre est la cantilène
Du vent du nord qui se déchaîne.

Dans le Miroir aux Fées,
J’ai jeté ce jonc
Que tu m’avais donné
Sous les tilleuls enneigés.

Au sacre des aurores,
Tout le val est endeuillé,
Au sacre des aurores,
Tout le val est par l’abîme hanté.

Poème © Sélène Wolfgang

8. janv., 2021

C’était aux confins d’une sphère sans âge que je lui avais donné rendez-vous.

Des lambeaux de brume descendaient en volutes sur la croupe de la colline.

L’obsidienne de la nuit brillait de mille feux quand il m’attira sous le charme. Comme l’odeur des daturas, son haleine fiévreuse glissait sur ma peau pendant que le vent me berçait de son tendre requiem.

Texte © Sélène Wolfgang

7. janv., 2021

C’est après m’être recueillie sur cette tombe dont un confrère avait fait l’éloge dans une de ses épîtres que je décidai de rentrer chez moi. Le soir descendait.
Il faisait un peu froid en cette demeure où personne ne m’attendait. J’allumai quelques bougies. Ensuite, je m’assis dans ma chaise berçante et rêvassai en contemplant l’horizon. Alors que je commençais à m’assoupir, je sentis un léger souffle sur ma joue. Quand j’ouvris grand les yeux, je vis un kobold rouge assis sur mon épaule. Je n’avais pas peur de cet esprit familier que ma longue robe avait sans doute entraîné dans ses plis lorsque je m’étais promenée dans le cimetière. Cette mystérieuse créature se mit à me susurrer toutes sortes de vers et à me conter la légende des amants qui reposaient dans la tombe que j’avais découverte quelques heures auparavant. Puis, curieusement, le génie disparut. En ouvrant ce livre dont je n’avais pas encore terminé la lecture, les fragments d’un journal tombèrent sur le plancher ainsi que l’un des arcanes d’un tarot ancien.

Texte © Sélène Wolfgang