Poèmes

12. janv., 2021

Illustration © Sandra Aitmehdi

11. janv., 2021

Les soies clandestines
Mordorent l’air,
Bruissent sous le vent.

Comme la fragile flamme,
L’aventurine étincèle
Sur son front, fatal
Est son regard, sa bouche
Est pleine de prodiges.

Elle a le sourire
Magnétisant des nécromanciennes.

Demi-nue, elle danse,
Elle danse, l’ensorceleuse!
Les grelots qui enluminent ses reins
Tintent de plus en plus fort!

La queue d’un python
S’engouffre dans le sable
Ivre des parfums
Du soir livide.

Demi-nue, elle danse,
Elle danse, l’ensorceleuse!
Puis saisie d’un vertige,
Entre deux griffons
De bronze, s’évanouit.

Poème © Sélène Wolfgang

Extrait de "L'Allumeuse de réverbères"
10. janv., 2021

C’est après m’être recueillie sur cette tombe dont un confrère avait fait l’éloge dans une de ses épîtres que je décidai de rentrer chez moi. Le soir descendait.
Il faisait un peu froid en cette demeure où personne ne m’attendait. J’allumai quelques bougies. Ensuite, je m’assis dans ma chaise berçante et rêvassai en contemplant l’horizon. Alors que je commençais à m’assoupir, je sentis un léger souffle sur ma joue. Quand j’ouvris grand les yeux, je vis un kobold rouge assis sur mon épaule. Je n’avais pas peur de cet esprit familier que ma longue robe avait sans doute entraîné dans ses plis lorsque je m’étais promenée dans le cimetière. Cette mystérieuse créature se mit à me susurrer toutes sortes de vers et à me conter la légende des amants qui reposaient dans la tombe que j’avais découverte quelques heures auparavant. Puis, curieusement, le génie disparut. En ouvrant ce livre dont je n’avais pas encore terminé la lecture, les fragments d’un journal tombèrent sur le plancher ainsi que l’un des arcanes d’un tarot ancien.

Texte © Sélène Wolfgang

Extrait de "L'Allumeuse de réverbères"
9. janv., 2021

Le papier a des yeux,
De grands yeux
Pour voir que les pendules nimbées
De fleurs fantomatiques ont des visages.

Le papier a des mains,
De grandes mains
Qui à elles deux forment un écrin
Où sont enfermées toutes mes larmes.

Le papier a des jambes
De longues jambes
Pour chevaucher l’oblique de l’existence
Et traverser les ruelles en feu
Où dansent les maudits.

Le papier a des dents,
De longues dents,
Les ailes d’un ange pendillent
Aux lèvres de ce voleur de reflet
Et les pendules qui ont des visages,
Les fleurs fantomatiques
T’observent en salivant,
Le papier a des dents,
De longues dents
Pour te dévorer, Ennui!

Poème © Sélène Wolfgang

Extrait de "L'Allumeuse de réverbères"
8. janv., 2021

Illustration © Sandra Aitmehdi